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Boris Cyrulnik, éthologue et psychiatre, a développé la résilience, cette faculté à rebondir, à se reconstruire au-delà d’une tragédie dont il a été lui-même
victime. Le terme, emprunté à la physique, désigne le retour à l’état initial d'un élément déformé. Les psychiatres américains spécialisés dans la petite enfance, ont adopté le mot dans les
années 90, qui a e
nsuite été
popularisé en France par B Cyrulnik. A en croire le psychothérapeute, "environ une personne sur deux subit un traumatisme au cours de son existence, qu’il s’agisse d’un inceste, d’un viol, de la
perte précoce d’un être cher, d’une maladie grave ou d’une guerre". Extraits de l’interview de Boris Cyrulnik : "Après un malheur, on est contraint
à la métamorphose, c’est-à-dire que l’on ne peut plus jamais être comme avant. On reçoit un trauma, on est hébété, on est mort psychiquement. Comment faire pour revenir à la vie ? Ce désir d’écrire, c’était le désir de reprendre possession de ma blessure. J’ai été déchiré par un événement que je ne comprenais pas. Je
redeviens maître de mon monde. Probablement que cette tendance marginale vient de mon enfance. Si je m’étais soumis à la loi des adultes, je serais mort avec
les autres enfants. Raflé avec d’autres enfants, il a pu s’échapper, seul, de façon astucieuse, à 6 ans, au convoi de la mort des allemands, ayant été une
nouvelle fois arrêté et dénoncé par des miliciens quand une institutrice l’avait recueilli. J’ai découvert l’éthologie animale bien avant d’avoir une formation scientifique. J’avais
le pressentiment qu’il y avait un programme commun du monde vivant, quelque chose d’universel à partager entre les animaux et nous. J’ai toujours voulu devenir psychiatre. J’ai cru, quand j’étais
enfant, qu’en devenant psy je pourrai tout comprendre, et notamment ce qu’il m’était arrivé. J’ai fait fausse route. Peut-être que cette émotion, ce désir de comprendre le monde animal vient de
mon enfance, où j’ai eu des années de grande, grande solitude, même de désert affectif, de désert sensoriel. Et les seules relations humaines que j’avais à cette époque-là, c’était les
animaux. » Savoir mettre au monde : "Faire naître un enfant n’est pas suffisant, il faut aussi le mettre au monde" affirme B Cyrulnik. Ses travaux insistent sur l’importance des
"nourritures affectives". C’est pour l’avoir ignoré, sous l’ère Ceausescu, que 40 % des orphelins et enfants abandonnés sont morts en Roumanie. Les adultes doivent aider les enfants à se
construire un capital psychique qui leur permettra de façonner leur résilience et trouver les ressources intérieures et extérieures le moment venu. Pour Michel Hanus, spécialiste du deuil, en vient à se demander si en fait de résilience,
il ne s’agirait pas tout simplement d’une forme de deuil avec ses 3 phases : le traumatisme, l’état dépressif, l’assimilation du deuil. Cette attitude "christique" (la nécessité de mourir
pour pouvoir renaître) est très valorisée par les dernières affaires médiatisées. Dans tous les cas, être résilient ce n’est pas être invulnérable, mais apprendre à résister aux
traumatismes, en faisant appel à la confiance enfouie en chacun de nous et qui tarde parfois à s’exprimer…Extraits d'articles
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