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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 11:06

Boris Cyrulnik, éthologue et psychiatre, a développé la résilience, cette faculté à rebondir, à se reconstruire au-delà d’une tragédie dont il a été lui-même victime. Le terme, emprunté à la physique, désigne le retour à l’état initial d'un élément déformé. Les psychiatres américains spécialisés dans la petite enfance, ont adopté le mot dans les années 90, qui a ensuite été popularisé en France par B Cyrulnik. A en croire le psychothérapeute, "environ une personne sur deux subit un traumatisme au cours de son existence, qu’il s’agisse d’un inceste, d’un viol, de la perte précoce d’un être cher, d’une maladie grave ou d’une guerre".  Extraits de l’interview de Boris Cyrulnik : "Après un malheur, on est contraint à la métamorphose, c’est-à-dire que l’on ne peut plus jamais être comme avant. On reçoit un trauma, on est hébété, on est mort psychiquement. Comment faire pour revenir à la vie ? Ce désir d’écrire, c’était le désir de reprendre possession de ma blessure. J’ai été déchiré par un événement que je ne comprenais pas. Je redeviens maître de mon monde. Probablement que cette tendance marginale vient de mon enfance. Si je m’étais soumis à la loi des adultes, je serais mort avec les autres enfants. Raflé avec d’autres enfants, il a pu s’échapper, seul, de façon astucieuse, à 6 ans, au convoi de la mort des allemands, ayant été une nouvelle fois arrêté et dénoncé par des miliciens quand une institutrice l’avait recueilli. J’ai découvert l’éthologie animale bien avant d’avoir une formation scientifique. J’avais le pressentiment qu’il y avait un programme commun du monde vivant, quelque chose d’universel à partager entre les animaux et nous. J’ai toujours voulu devenir psychiatre. J’ai cru, quand j’étais enfant, qu’en devenant psy je pourrai tout comprendre, et notamment ce qu’il m’était arrivé. J’ai fait fausse route. Peut-être que cette émotion, ce désir de comprendre le monde animal vient de mon enfance, où j’ai eu des années de grande, grande solitude, même de désert affectif, de désert sensoriel. Et les seules relations humaines que j’avais à cette époque-là, c’était les animaux. »  Savoir mettre au monde : "Faire naître un enfant n’est pas suffisant, il faut aussi le mettre au monde" affirme B Cyrulnik. Ses travaux insistent sur l’importance des "nourritures affectives". C’est pour l’avoir ignoré, sous l’ère Ceausescu, que 40 % des orphelins et enfants abandonnés sont morts en Roumanie. Les adultes doivent aider les enfants à se construire un capital psychique qui leur permettra de façonner leur résilience et trouver les ressources intérieures et extérieures le moment venu. Pour Michel Hanus, spécialiste du deuil, en vient à se demander si en fait de résilience, il ne s’agirait pas tout simplement d’une forme de deuil avec ses 3 phases : le traumatisme, l’état dépressif, l’assimilation du deuil. Cette attitude "christique" (la nécessité de mourir pour pouvoir renaître) est très valorisée par les dernières affaires médiatisées.  Dans tous les cas, être résilient ce n’est pas être invulnérable, mais apprendre à résister aux traumatismes, en faisant appel à la confiance enfouie en chacun de nous et qui tarde parfois à s’exprimer…Extraits d'articles

Lire Boris Cyrulnik "De chair et d'âme"

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commentaires

Y
Je ne peux que confirmer les propos. Cela peut être long mais on y arrive.
Bonne journée Sonam!
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S

~1 personne sur 2, c'est beaucoup! Il faut croire que nous avons en nous de puissantes ressources, cela dépend ensuite des "nourritures" que l'on va pouvoir avoir pour
la suite, ce qui fait que ce sera plus ou moins long. Cela donne une humanité et une compréhension pour les autres qui ajoute à sa libération personnelle. Te voila avec un atout en fin de compte!
Bonne journée!