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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 10:49
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Quel est celui de nos gestes dont on peut dire qu'il relève véritablement du don ? Quand agissons-nous sans escompter les dividendes de nos actes ? Le don figure l'absence de rétribution, l'absence de calcul, la gratuité...Est -ce une utopie du quotidien, un geste réellement désintéressé, qui n’aurait pas à voir avec la bonne conscience ? Car l’intérêt se loge en apparence dans les gestes les plus désintéressés, pour un don qui serait sans prix. Il est simple à faire mais difficile à penser, dans la définition même une certaine ambigüité dans la chose qu’on donne et l’acte de donner à quelqu’un car on ne peut pas dissocier les deux. Ce serait une recherche de reconnaissance selon Paul Ricoeur avec l’ex de la théâtralisation du don du sang à Hambourg ou le retour social est là largement établi, celui qui donne y trouverait son intérêt. Pour F Nietzsche, cela relèverait même d’un certain abus de pouvoir, une recherche de soumission sur celui que l’on prétend secourir. Autre définition : abandon dans une intention libérale, la qualité du don dépend donc de l’intention, est-ce renoncer à quelque chose ou donner par sur-abondance et non par manque, se pose le don de la marchandise comme valeur d’usage, valeur d’échange. Aristote « Ethique à Nicomaque » fait la différence entre le don d’amour, d’amitié et l’hospitalité, la différence entre l’agapé, amour chrétien, charité et eros, et se pose la question de la bonne mesure. Soren Kierkegaard « œuvres de l’amour » émet le commandement d’aimer son prochain comme soi même, car l’amour de l’autre repose sur un amour de soi. Pour Henri Bergson « l’évolution créatrice » en signification symbolique, pour allumer des foyers de générosité, une communauté peut se construire à partir d’un acte de charité. Marcel Mauss « essai sur le don » cela induit un système social dans une visée méta-éthique dans l’étude des tribus et de la valeur des cadeaux. P Ricoeur se concentre sur le geste qui symbolise une relation sociale, il l’établit en la signifiant. La qualité du don dépend aussi de l’aptitude à recevoir, pour Jacques Derrida, il s’avère impossible, impensable de donner dans une intention purement libérale. Cela ressemble à l'impossibilité de l'amour selon Lacan, revoir :  « L’amour c’est ce que l’on n’a pas, et que l’on veut donner à qqu’un qui n’en veut pas »

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Published by Sonam - dans mots pour maux
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Mutti 12/03/2010 11:35


Article super intéressant Sonam - comme toujours ;) - Je le rapproche, "le don", de l'agir direct spontané tel que j'ai tenté de l'exprimer en commentaire chez Lung Ta en reliant deux de ses
billets...
Chaleureusement


Sonam 12/03/2010 12:36


Oui cela nous préoccupe beaucoup en tant que bouddhistes mais pas seulement bien sûr, ce sont les pièges à éviter sur nos réelles motivations. Ce dont tu parles sur l'agir direct spontané est le
résultat d'un long travail sur soi, une vigilance de tous les instants pour ce don supramondain, fruit d'états de conscience à développer.
Chaleureusement


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