De Sarasvati, source d'inspiration, de savoir et de transformation... Pour partager mes lectures, mes rencontres, mes découvertes pour un regard sur nous mêmes!
"On peut dire que je suis entré en religion à l’âge de six ans. Le ciel s’ouvrait dans sa beauté dès que je priais. Comme si une colombe partait de mon cœur pour aller se loger dans l’infini."
Bertrand Vergely, normalien, agrégé de philosophie, en 1997 publie La souffrance, recherche du sens perdu chez Gallimard et en 2000 La mort interdite, ou le silence de Dieu sur le malheur des hommes. Éd Jean-Claude Lattès.
«C’est vrai que je me sens pleinement le fils spirituel d’une lignée. J’aime à reprendre ce flambeau, bien que j’aie l’impression de ramer à contre-courant car la tradition chrétienne s’affaiblit à vue d’œil. Au fond, c’est la solitude qui me frappe dans mon parcours. Aussi, mes livres sont pour le moment des essais imparfaits, sans doute trop écrits en coups de gueule, trop réactifs, contre l’athéisme contemporain qui empêche de penser l’école, la souffrance, la mort, le mal. J’ai pour le moment trop de choses à dire. J’attends d’écrire un livre sobre et serein sur des choses fondamentales.»
«Face à un monde dépourvu de sens, il faut essayer de rendre à l’homme sa destinée ! Dans La Foi ou la Nostalgie de l’admirable (Éd. Du Relié, 2002), j’explique le sens de l’émerveillement car pour moi il est sidérant d’exister. Et l’expérience libératoire conduit à quitter l’idéal pour se colleter au réel dans le monde puis de savoir remonter à l’idéal. Notre salut se fait avec les autres et pas seulement pour soi. J’ai envie de répondre à la quête fondamentale des hommes, de répondre aux révoltés et aux athées car je crois en la dignité de la vie humaine et de la vie éternelle et il faut chercher ce qui permet de vivre de façon juste. Je crois, par exemple, qu’il faut dire que le mal est inacceptable, que rien ne justifie certaines horreurs. Face au malheur, il faut avoir le courage intellectuel de se taire, récuser la culpabilité, l’idée qu’on paierait une faute, que le progrès peut acheter l’avenir à sale prix. Non, Dieu ne permet pas le mal. Il est impuissant et pourtant son silence est un amour infini. »
Propos recueillis par Olivier Gissey, entretien paru dans la revue Symbole, signes-et-symboles.org
Un très beau témoignage. La notion de responsabilité suscite des commentaires...