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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 08:14

 Une belle image de nous-même, de sorte qu'ils nous voient plus beaux que nous ne sommes en réalité ? À quoi bon ? Des biens matériels ? C'est leur mettre entre les mains un monceau de problèmes. […] Notre présence ? Que nous le voulions ou pas, ils seront séparés de nous quand nous mourrons. […] Ce qu'en revanche nous pouvons leur léguer, c'est une source d'inspiration, une vision des choses qui ait un sens et qui puisse leur donner confiance à chaque instant de leur vie. Pour cela nous devons bien sûr acquérir nous-mêmes une certaine assurance, une certitude intérieure. Or, ce sentiment ne peut à l'évidence venir que de notre esprit ; il est donc grand temps de nous occuper de celui-ci.

Transcrit par Matthieu Ricard sur son blog d'après un conseil donné oralement.

JIGME KHYENTSE RINPOCHE

Pour tes 29 ans...

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 20:11
S’épuiser à mettre des rustines sur nos existences…Une leçon de vrai courage avec Kandro La

Tous les enseignements servent à éradiquer l’ignorance de base qui recouvre le potentiel en chacun de nous d’où la 1ère vigilance à exercer sur nos trois portes : corps, parole, esprit.

Ce que l’on appelle la voie ou Dharma est de dissiper toute la confusion que nous avons, de la transformer en sagesse et de découvrir la nature absolue de la vérité. Bien que nous voulions découvrir cette vérité absolue nous demeurons toujours dans un mode relatif qui est la saisie des apparences de façon inhérente ou rigidifiée. Il est essentiel de comprendre la nature des apparences et de nous détourner de nos schémas habituels, nous sommes dans cette confusion de la réalité du soi, dans la dualité : sujet, objet dont les causes racines sont dans l’autochérissement. Tous nos démons protègent le soi, ce qui le renforce : veiller à ne pas le nourrir, comment ? en réfléchissant à l’impermanence, à l’interdépendance de toutes choses.

Quel est le sens de Boddhicita dans les enseignements du Mahayana ? Littéralement Boddhicita veut dire : sagesse inconditionnelle sans compromis, qui est le courage de voir les choses telles qu’elles sont et non telles qu’on souhaite qu’elles soient, ou être au-delà des voiles et non dans la subjectivité. Cela demande à développer de l’équanimité, en dehors de tout attachement ou aversion « j’aime » « j’aime pas », de cultiver en tout un équilibre impartial, ce qui permet de progresser naturellement vers de l’amour bienveillant. Mais d’abord s’atteler à cette sagesse inconditionnelle ou Boddhicita absolue avant de s’engager dans la boddhicita relative car la bienveillance risque d’être teintée d’émotionnel et conduit vite au burn out que connaissent bien les soignants. Il est urgent de travailler sur son propre soi avant de penser aux autres, de développer la compréhension.

Les conseils donnés par ce grand maitre Atisha pour la compréhension de la vue Mahayana :

Regarder tous les phénomènes comme dans un rêve, comprendre la véritable nature de cette conscience lucide non née, utiliser les antidotes qui libèrent par eux mêmes, demeurer dans la conscience de base ou Alaya, demeurer comme un enfant de l’illusion « vous pensez cela alors cela est » : voila comment cela fonctionne. C’est ce que permet la Boddhicita absolue de voir au delà de toutes nos conceptualisations, si nous examinons la conscience : c’est un label, elle n’est jamais née, quelle est donc la réalité de cette conscience cognitive ?

Les concepts n’ont pas d’existence, quand on les construit on se les approprie, ils deviennent mémoire puis aussitôt une habitude, nous ne sommes rien d’autre qu’habitude et la base de ces habitudes c’est le soi. il faut développer pour le contrer une sagesse de discernement, faire un examen de la réalité, de chaque chose, chaque existence au delà même de notre propre supposition que cela existe. Rien n’existe au-delà de la conceptualisation de l’esprit, tout est esprit et l’esprit est vide, que pouvons nous faire alors ? Reconnaitre la confusion, la transformer en sagesse, le bon sens est de valider ce qui est constructif en clarification de la confusion et de rejeter tout le négatif ou destructif.

La méditation est une méthode qui vient briser l’habitude de conceptualisation afin d’accéder à cette conscience de base ou primordiale.

Il existe 2 consciences : de base ou Alaya et celle portée vers l’extérieur, le conseil pour différencier les différentes couches de conceptualisation est de voir ce qui relève du label et ce qui relève de l’expérience.

Briser les 5 consciences physique des sens qui submergent la 6éme conscience mentale limitée qui ne peut traiter qu’une information à la fois à laquelle se rajoute une 7ème conscience lucide traitant de ce qui relève de l’intérieur et de l’extérieur. Cette 7ème conscience donne une identité au label, par la mémorisation effectuée et l’habitude, ce label devient notre identité et crée le « je ».

Le méditant a la charge d’observer ce travail bâclé de la 6ème conscience, la non clarté est de l’ignorance, on doit laisser de l’espace à cette conscience mentale.

L’autolibération ce sont les antidotes mêmes, libérer les 7 consciences qui ne sont rien d’autre que l’ego, autrement dit libérer la discrimination, purifier la confusion en sagesse.

Les méthodes sont de couper au travers du courant des pensées dualistes, décider que rien n’est externe, tout ce qui se manifeste est exactement de la même nature que la nature absolue, dans l’indivisibilité, tout s’élève et se manifeste comme reflet de cette conscience. Etre dans la paix pleine et entière en cultivant ces 4 principes : travailler sur la confiance consistant à s’établir en cette nature non née par les pratiques de samatha et vipassana ; abandonner toute négativité, la paresse, la distraction ; se tourner vers le Dharma, progresser sur la voie qui élimine toute dualité ; reconnaitre la conscience de base ou la confusion apparait comme sagesse, ce qui se réfère à des méthodes traditionnelles, la libération demeure au sein même de la conscience en autolibération.

Ce qui suit s’adresse aux bouddh « istes » attention âmes sensibles s’abstenir :

Cessez vos idées de romantisme même sur le bouddh « isme » l’attachement au Nirvana est une maladie bien pire que l’attachement au Samsara...Pratiquez le Dharma, ne l’épousez pas ! Si vous en êtes capables méditez comme un fagot de paille dont on aurait sectionné la ficelle, si vous n’en n’êtes pas capables utilisez les visualisations et dissolutions du Vajrayana, sinon appliquez les 37 pratiques du Boddhisatva et…sinon essayez d’être une meilleure personne et détournez vous de la distraction

Texte étudié : « La guirlande du Dharma des 4 joyaux » de Gampopa, textes soulignant la façon d’intégrer le Dharma dans notre vie quotidienne.

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26 septembre 2016 1 26 /09 /septembre /2016 09:56
Conférence publique Sa Sainteté Dalaï Lama Strasbourg

Brothers and Sisters…J’apprécie de vous rencontrer il est important de par le monde de communiquer, de promouvoir les valeurs humaines fondamentales en considérant les 7 milliards d’être humains. Nous devons tous développer le sens de l’unité qui nous lie et penser au bien être des êtres humains, nous sommes tous concernés, pour ne plus laisser aucun fondement au meurtre. Croyants ou non nous devons tous œuvrer ensemble pour vivre en harmonie, les prières seules ne suffisent pas.

Nous avons tous la capacité d’œuvrer à cela, les changements sont d’abord intérieurs avant de les porter à l’extérieur, vous et moi nous sommes les mêmes physiquement, émotionnellement. Personne ne souhaite souffrir, mais tente de s’épanouir dans l’existence, d’espérer à un avenir, tous souhaitent de poursuivre le but au bonheur. 2 niveaux de bien être intérieur et extérieur le matérialisme est prôné en occident, mais la qualité de notre état mental peut éclipser le physique, il est donc bon d’améliorer nos conditions intérieures. Je pensais qu’aux vues des conditions extérieures occidentales cela coïnciderait avec les conditions intérieures, j’ai rencontré des milliardaires stressés, des personnes en fin de compte malheureuses. Nous sommes des animaux sociaux, nous avons déjà en nous la bienveillance, la coopération pour pouvoir vivre ensemble, ce que l’on observe déjà chez les animaux, chez l’humain la bienveillance est plus forte et présente dans notre nature fondamentale. Les émotions comme la colère, la peur peuvent détériorer notre système immunitaire à l’inverse des qualités qui nous permettent de nous développer de façon plus satisfaisante. Nous devons nous pencher sur l’éducation de façon séculière, nous réfléchissons avec des scientifiques, éducateurs, sociologues pour proposer un curriculum afin d’inverser la vision matérialiste actuelle et développer les qualités intérieures.

Mes chers frères et sœurs nous devons œuvrer à un monde plus compatissant, certaines villes aux states ont déclaré des villes de la bienveillance, au sein des écoles il a été observé de vrais résultats. Depuis 1975, j’œuvre aux rencontres inter religieuses, en dépit des différences, théistes ou non, le but est de promouvoir l’amour du prochain, rencontre avec des érudits mais aussi des pratiquants. Nous avons pu également pratiquer ensemble sur des lieux saints, en dépit des tragédies que la France notamment a vécues nous ne pouvons généraliser les exactions de quelques individus sur l’ensemble des pratiquants. 1 milliard de musulmans et autant de chrétiens, l’harmonie doit régner entre les religions que nous soyons croyants ou non. Depuis 2011, j’ai mis fin entre le pouvoir temporel et spirituel, en tant que tibétain, je souhaite préserver sa philosophie qui peut être une contribution au monde, d’autre part au niveau écologique sur le plateau tibétain de graves endommagements sont encore perpétrés pour la planète entière.

Réponses : les émotions perturbatrices nous font voir les choses de façon étroite, de façon plus vaste ou sous différents angles on peut commencer à voir certains éléments positifs ou constructifs.

Si l’on veut mettre en place un programme éducatif le mieux est de constituer une équipe pluridisciplinaire et de suivre un protocole scientifique.

Notre système économique actuel ne va pas pouvoir perdurer notamment sur nos productions d’énergie qui doivent être sans aucun doute renouvelables.

L’échange entre ces différentes traditions, on doit voir ce que nous avons ensemble, comment développer d’avantage d’altruisme, tolérance et échanger parfois des pratiques. Le non soi est une particularité du bouddhisme, ce n’est pas le « rien » mais le soi réifié. Nous pouvons beaucoup apprendre les uns des autres, de la tradition Nalanda à laquelle j’appartiens, nous pouvons mieux comprendre les émotions, leur fonctionnement, ainsi que la logique comme une science qui devrait avoir plus de place dans le système éducatif. La foi et la raison doivent aller ensemble.

Face aux évènements tragiques, il faut considérer l’ensemble des aspects des choses, élargir notre perspective.

2 aspects de l’humilité, respecter autrui et d’autre part une grande confiance en soi sinon on tombe dans la faiblesse mentale.

L’éveil est une qualité, l’esprit est un continuum, il n’est pas permanent, mais la qualité elle peut s’acquérir.

Les prières s’appliquent à tous les êtres animés, nous ne devons en aucun cas leur nuire, les cuisines des monastères sont végétariennes, il peut y avoir cependant des besoins particuliers ou l’acceptation simplement de ce que l’on nous sert.

L’éducation essentielle pour promouvoir les valeurs fondamentales, complètement intégrées dans le système éducatif.

Pratiquez partagez ces idées sur la bienveillance, la considération d’autrui, nous permettant d’œuvrer ensemble.

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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 20:20
Sa Sainteté Dalaï Lama rencontre les jeunes à Strasbourg

On ne peut changer le passé mais pour l’avenir les changements sont entre nos mains, les jeunes sont les fondements même de notre espoir. 200 millions de personnes sont mortes suite aux guerres du xxème siècle et il y a encore beaucoup de violence, assurément nous n’en n’avons retiré aucuns bienfaits. Le xxi siècle nous appartient, la paix est d’abord intérieure avant d’être extérieure et les prières seules ne peuvent l’amener, la paix vient de nos actions et cette génération vous en êtes responsables. Les différents conflits doivent être résolus par le dialogue et non par la violence, pour cela c’est de détermination, volonté, approche altruiste alliée à du discernement que nous avons besoin. Nous avons le devoir de rester optimistes contre le « c’est impossible ».

Sur la question d’une Europe de moins en moins tolérante nous devons mener des efforts constants, les dirigeants de différentes traditions doivent se rencontrer, se connaitre. « Une vérité une religion » n’a plus cours, sous la multiplicité on retrouve la compassion, l’amour altruiste, le pardon, certes avec des différences philosophiques, des dispositions mentales différentes, c’est pourquoi même au sein du bouddhisme il existe différentes écoles philosophiques s’adressant à ces différentes dispositions. Quelque soit la forme, le but reste le même pour une société plus compatissante, l’Inde, la plus grande démocratie au monde, depuis 2000 ans abrite toutes les plus grandes traditions, dans ce pays si vaste elles sont en harmonie, tout comme les non croyants vivent dans le respect en référence à la laïcité française de la révolution

Sur la question des jeunes migrants c’est bien sur une situation triste, l’Europe, l’Allemagne ont commencé par les accueillir, mais devant ce flux incessant, il faut trouver des moyens plus constructifs, la paix doit être amenée dans ces pays par les pays plus libres. Donner l’éducation la meilleure possible pour qu’ils puissent reconstruire leur propre pays avec des idées nouvelles, un esprit ouvert. Dans ces situations difficiles, ils doivent obtenir le respect pour eux-mêmes dans un effort continu, au Tibet il y a un proverbe « 9 échecs 9 efforts consécutifs ».

Sur la question d’une plus grande stabilité dans nos pays, il est plus facile de critiquer que de mener la tâche soi même, on peut recommander une vision à long terme, une plus large vision avec de nouvelles idées portées par des hommes tel que Charles De Gaulle à son époque. 7 milliards d’êtres humains et personne ne souhaite les problèmes alors pourquoi continuons nous à les créer…Pour promouvoir l’unité de ces 7 milliards, il est nécessaire de valeurs humaines fondamentales, elles doivent être portées outre la religion, par l’éducation. Apporter du bon sens, acquérir de meilleures connaissances sur nos émotions, le fonctionnement de l’esprit au sein d’une éthique séculière.

La question de l’augmentation de la violence latente aujourd’hui, elle est due à des vues étroites, du manque de respect de la vie humaine. C’est la peur de l’autre la cause de la haine et le seul moyen pour la combattre : la bienveillance et le respect.

Face à une violence directe, il y a eu une expérience de cohabitation d’étudiants de différents pays en crise, ayant vécus des situations difficiles, ce qui a eu pour effet de renforcer leur détermination pour la paix. Cela devrait être proposé à des russes, vivant dans la peur d’être envahis par les pays de l’ouest, les inviter à passer du temps dans un monde libre pour combler la distanciation.

Oui la tolérance est essentielle mais il est nécessaire de l’associer à de la compassion et de la bienveillance agissant comme une barrière protectrice, de la compréhension pour ceux qui ont des vues différentes. Transcription à vif de la conférence

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 20:39
Extérieurement nous pouvons tout avoir… mais si en essence nous n’avons rien (!)

Notre pratique spirituelle doit être au centre de notre vie, nous avons souvent une mauvaise estime de soi, ce qui s’apparente à de la paresse en vérité, l’antidote est d’apprécier notre précieuse existence humaine. Il est peu probable que les bonnes conditions se reproduisent, nous avons au fond de l’intérêt pour ce qui concerne notre esprit, retrouver notre nature authentique de sagesse et compassion. Penser être trop occupé est en fait une stratégie d’évitement, l’antidote est de penser à notre impermanence, tout peut arriver et à tout moment, ne serait ce que la dégradation de nos facultés. Le deuxième antidote est de constater ce que nous créons par nos actions intentionnelles, des catastrophes en chaine trop souvent, Il est important d’apprivoiser notre esprit, nos pensées, nos paroles, notre confusion. Se rappeler les difficultés du cycle des existences et morts, non tant à l’extérieur mais dans notre propre esprit, en nous-mêmes, il est important d’orienter d’urgence son esprit, de nous éveiller, combattre nos perturbations. Etre moins tourné vers soi même, moins égoïste, moins envieux, les autres ne sont pas des obstacles mais Notre pratique. Quelles sont nos motivations ? retrouver une certaine paix, une vie plus confortable, mais l’affaire est de se libérer de l’attachement à notre ego, dans une situation qui par nature est inconfortable, et d’entrainer les autres dans cette libération, qui est l’esprit d’éveil même. L’idée est que notre esprit devienne un instrument correct, suffisamment flexible pour l’utiliser, avec l’aide de la méditation de la pleine conscience, du calme mental, entrainer notre esprit à être Un avec son objet. On sait maintenant avec la physique quantique que l’on ne peut jamais trouver l’existence d’un objet, nous sommes limités par notre esprit conceptuel tout nous parait solide. Toutes nos pensées, émotions n’ont pas non plus d’existence intrinsèque, elles ne sont pas non plus le « je »ou « Moi », ainsi nous ne faisons que voir en les autres nos propres projections.

Jetsunma Tenzin Palmo à Plouray Drukpa le 25 26 Juin (suite):

Notre état normal est un ½ sommeil, nous vivons dans une prison, nous pensons être cette conscience… superficielle, éloigné de notre vrai nature profonde. Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont vraiment, la principale illusion est la croyance en un « je » séparé, ce que nous expérimentons est par nature insatisfaisant. Nous nous accrochons absolument à cette existence que nous croyons autonome, « je pense », « je ressens », nous nous identifions à des tas de qualifications, au centre de tout ça le « je » confortablement installé, ce « Moi », Bouddha a questionné de façon révolutionnaire « ou est il ? », qui sommes nous vraiment ? Nous sommes sous 3 emprises, accroché à satisfaire ce « je », ce qui soulève des émotions si on le menace : dans la roue des existences il ya un cochon pour l’ignorance, un coq pour l’avidité, un serpent pour la colère, ces 3 animaux mordent la queue l’un de l’autre. Le chemin consiste à laisser aller, se reposer dans l’espace ouvert, dans la clarté, laisser aller le moi pour être dans un autre niveau de conscience. La pollution de notre esprit n’est que temporaire c’est pourquoi il est facile de la faire disparaitre, retrouver notre vraie nature, toute la pratique consiste à diluer ce moi solidifié et son cortège de confusion, le chemin consiste à simplifier. Il ne s’agit pas non plus d’embellir un ego, qui pourrait vite se prendre pour un Grand spirituel, nous devons avoir une certaine intelligence, et non renforcer ce qu’on est sensé dissoudre, nous sentirons ainsi de plus en plus l’interconnexion avec tous les êtres.

Notre illusion fondamentale est l’identification au « moi », nous le voyons de façon solide, autonome et inchangé…Nous avons une fausse identification aux pensées, aux émotions conceptuelles, ceci recouvre notre véritable nature. Vacuité ne veut pas dire néant, car elle est en fait pleine de sagesse, d’amour, de capacité à agir, c’est notre nature de conscience pure, comparée souvent à l’espace sans centre, périmètre : insaisissable mais pourtant partout. Notre confusion c’est l’appréhension d’un sujet et objet , acquérir un savoir sur la non dualité par nature, ni né ni mort, qui ne peut être décrit en langage conventionnel. Commencer par la pratique de samatha, observer en pleine conscience notre esprit, vipassana ou méditation introspective : qui pense ? Quand cette pleine conscience est stabilisée on peut laisser tomber l’objet, rester dans une conscience plus subtile, nue, non colorée par les concepts ou émotions, une simple clarté permettant de voir tout le reste très clairement, tout se manifeste. La méditation est de maintenir cette vue avec l’activité quotidienne, l’accomplissement est que cela soit complètement spontané. D’ordinaire nous ne sommes conscients que de l’objet et non de la conscience elle-même, ainsi notre illusion et nos perturbations se transforment en sagesse, la compassion s’élève alors naturellement étant omniprésente. Possibilité de trouver les enseignements et la conférence publique sur you tube...

Published by Sarasvati
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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 10:47
Il fut un temps où les frontières n’existaient pas entre philosophie, démarche religieuse et mystique : Pour…

Une philosophie de l'esprit de la vie et de la beauté intérieure, de l'intelligence et de la simplicité.
Un spiritualisme épuré ce qui conduit à la critique des traditions religieuses, car il est pure activité d'être, de l'humain, d’une mystique fondée sur l'intériorité, la rationalité.
Pour une nécessaire purification à l'aspiration à l'unité par laquelle notre propre centre se relie au centre de toutes choses, à l’encontre d'une dualité qui nous distancie de nous mêmes.
Pour faire le discernement entre les pensées qui amènent le trouble, l'agitation intérieure, la dureté envers autrui et celles qui apportent la paix du cœur, la douceur, une joie intérieure sobre et discrète, celles qui viennent du bon esprit.

Une complexité intérieure qui implique distance et absence dans une analyse régressive, purification ou critique intellectuelle mettant en jeu l'éthique.
« Pour un chemin de la sagesse qui est une sagesse de l’action puisqu'il s'agit d'espérer un peu moins et de vouloir un peu plus (pour ce qui dépend de nous) d’espérer un peu moins et d'aimer un peu plus (pour tout ce qui n'en dépend pas).

Pour apprendre à se dépendre à se rendre moins dépendant de l'espoir et de la crainte, dans la vie vécue ici et maintenant, en action et en vérité, désentraver de nos espérances, nos rêves, nos frustrations, angoisses, déceptions.

Pour une sagesse de l'amour : ne reste plus que l'être et la joie, que l'être et l'amour dans un désir sans manque.»(André Comte-Sponville)

Plus besoin d'avoir peur de quoique ce soit...Ce n'est pas la lucidité qui nous étouffe, c'est l'angoisse, l'égoïsme, la sécheresse de Cœur, l'indifférence, le manque de courage et d'amour. Quand on comprend ce que l'on est en profondeur on peut se libérer de toutes ses anxiétés, de l'habitude d'être mû par la peur pour avoir quelque chose de plus.

Pas besoin d'avoir peur de quoique ce soit quand on comprend notre nature, il n'y a plus de problèmes non dans un état de non peur mais de sans peur.

Notre expérience ordinaire est la vue dualiste, le Moi qui expérimente et le quelque chose dont on fait l'expérience, nous avons le ressenti de "ceci est mon expérience" avec l'étiquette de bien ou mal. Nous cherchons alors à obtenir ce que l'on veut ou au contraire à nous en séparer avec la peur de perdre ce qui est bien ou la peur de ce l'on ne veut plus, même quelque chose d'agréable nous pose des problèmes. Moi est ce que je ressens avec son objet, alors quel est ce Moi, qui ne peut être ni dans le corps, dans ses cellules, ni à l'extérieur, il ne peut être différent de l’expérience ou des pensées. Avec le Moi est l'ego, la peur d'être détruit...

« Se débarrasser de tout ce qui nous encombre et qui ne cesse de nous séparer du réel et de la vie. L’important est de ne pas se mentir sur la vie, de ne pas négliger ses leçons. Au fond, nous ne sommes séparés de l’éternité que par nous-mêmes, de là cette simplicité, quand l’égo se dissout, rien à dire, rien à attendre, puisque tout est là, l’éternel présent de ce qui dure et passe. Chacun veut le bonheur mais nous ne l’atteindrons qu’à condition d’y renoncer, parce que la vie est décevante, toujours, on n'échappe à la déception qu'en se libérant de l’espérance. Pour une sagesse du dés-espoir « Je n’espère rien, je ne crains rien : je suis libre. », la joie ne redevient possible que de l’autre côté de la souffrance, comme le bonheur ne l’est que de l’autre côté de la désillusion. Arriver à sortir de nouvelles espérances qui succèdent à des déceptions successives, du cycle d’alternance d’espérances et de déceptions, nous n’avons pas d’autre choix que la sagesse ou désespoir. » (André-Comte-Sponville)

L'éveil est donc la compréhension correcte de ce que nous sommes, la non dualité, quelque chose de naturel mais recouvert par trop d'émotions nous ne le voyons pas.

Beaucoup trop de facteurs d'aliénation dans notre société, d'égoïsme foncier, en même temps l'individu est devenu très conditionné, il se doit de rentrer dans un moule. On vit avec un bagage à gérer, toutes nos potentialités sont gâchées avec beaucoup de résistances liées aux intérêts économiques. Une crise de civilisation symptôme de valeurs qui ne sont plus partagées tels que liberté égalité fraternité...Mais que seraient elles sans une liberté intérieure ou tant que l'on n'a pas de connexion avec ce que l'on est. Si l'on n'a pas une connexion profonde avec ce que l'on est nous tombons dans une aliénation de l'avoir contre l'être. Les jeunes sont la proie des solutions faciles, il faut une lucidité pour être libre de ses désirs dans une capacité de désintéressement et dans la satisfaction profonde : tout homme possède la vraie nature spirituelle dans une transfiguration de ses conditions.

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 10:14
"le dénommé "esprit", bien qu'on en parle partout et qu'il soit largement connu,

Est soit incompris, soit compris de travers, soit partiellement compris

Ou encore méconnu dans son authentique réalité.

Et, qui plus est, les êtres ordinaires...

Le point juill aout 2014 "aux origines de la méditation"

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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 16:06
De l’intuition des phénomènologistes Husserl, Merleau-Ponty aux neurosciences : un monde pré-élaboré…

Alors que nous pensons habituellement fonctionner comme si le monde était posé devant la conscience qui n'aurait qu’à le regarder d'en haut pour le comprendre. Ce que je suis ne peut être indépendant du monde dans lequel je vis, l'intentionnalité ne peut se réduire à un mouvement unilatéral de la conscience vers les choses d'où l'illusoire évidence d'une séparation claire et distincte entre l'âme et le corps, le sujet et l'objet, la conscience et le monde.

Contre ces raisonnements dualistes il va falloir réapprendre à voir le monde sans un point de vue extérieur, de surplomb. On est dans le monde plutôt que devant, la perception est déjà une construction, une visée, projet, de notre rapport au monde, les autres sont autant d'autres points de vue, incarnés dans d'autres corps que le mien, différents mais complémentaires. Merleau-Ponty parle dans cette rencontre des intentionnalités d'intercorporite plus que d'intersubjectivé, c'est l'intentionnalité, le mouvement et la sensation du corps qui nous permet d'explorer le monde commun, corps qui a lui même quelque chose de commun avec le monde.
"Le corps en acte" de Merleau-Ponty rejoint le "sens du mouvement" d'Alain berthoz neuroscientifique. L'acte au fondement de notre compréhension de la relation à soi, à l’autre, au monde, l'acte avec son intentionnalité projette sur le monde ses intentions, ses perceptions, ses grilles d'interprétation. Ou autrement dit par Husserl, lorsque je perçois, je suis déjà en train d'agir, la perception n'est pas seulement une interprétation des messages sensoriels, elle est stimulation interne de l’action, elle est jugement et prise de décision, elle est anticipation des conséquences de l’action : "perc'action". Le cerveau dispose de circuits neuronaux capables de reconstruire à la fois mon corps et le monde, de modèles internes permettant cette anticipation. Les mouvements donnent l'impression d'être réalisés consciemment, ce qui permet de naviguer dans le monde sans avoir à traiter toute son information, tel un skieur qui dévale une pente à 100 km/h.

De plus l'information transmise par les sens est, dès son origine, empreinte d'émotion d'une manière inconsciente, ce qu’avait démontré William James décédé en 1910, Antonio Damasio puis Alain Berthoz : « l'émotion n'est pas faite pour réagir aux aléas du monde, mais elle est en fait un guide, une préparation de l'action, en transformant le monde perçu, elle sert à établir un contexte pour l'action. Le Sens du mouvement et La Décision, permet de dire à la suite de nombreux autres neurophysiologistes qu’au commencement, n'était pas le verbe mais l'action. C'est à partir de l'action que nous construisons notre perception du monde, le cerveau n'est pas un simple simulateur logique qui construit une image du monde pour guider des actions, c'est plutôt un émulateur : il invente un monde en faisant des choix à partir de règles implicites qu'il a intégrées au cours de l'évolution, sans doute parce qu'elles étaient nécessaires à sa survie. Ainsi peut-on considérer que notre représentation du monde en trois dimensions est imparfaite mais qu'elle résulte du meilleur choix que l'homme ait trouvé pour échapper à ses prédateurs. Cette théorie du cerveau émulateur et décideur permet de créer un lien entre processus conscients et inconscients »

« Au commencement était l'action » entretien d’Alain Berthoz dans le mensuel LA RECHERCHE: n°366 daté juillet 2003 à la page 74. Revue psychologie mois de Mars 2016

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 08:56
"Ils n'auront pas ma haine : garder les yeux ouverts, comme les grands yeux immenses d'Hélène",

c'est ce que Antoine Leiris veut transmettre absolument à son petit garçon. "Je l'aiderai à garder les yeux ouverts sur la culture, sur les livres, la musique, quelle qu'elle soit, ouverts sur tout ce qui fait voir le monde par un prisme qui est à l'opposé de celui par lequel les terroristes le voient. C'est ce que ça mère lui a déjà laissé. Il aime déjà beaucoup la musique et les livres. J'espère lui donner les armes pour qu'il se tienne debout. Mais des armes de papier, de pinceaux, de notes de musique et pas des kalachnikovs."

"De toute façon, une grande partie de moi est partie avec Hélène ce jour-là, ce qui reste de moi est pour Melvil. Pour lui, je suis obligé d'oublier la haine, le ressentiment et la colère. S'il grandit là-dedans, il deviendra exactement ce que eux sont devenus : des gens aveugles, violents, qui préfèrent les raccourcis aux chemins plus complexes de la réflexion, de la raison, de la culture.."

Peinture de G Fromanger

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 17:51
« Maintenant ou jamais ! transition du milieu de vie » Christophe Fauré, psychothérapeute et psychiatre

Passage en opportunité de se reconstruire, avec plus d’intériorité ou il y a moins d’enjeux personnels, ou l’on cherche à sortir de nos rôles ou l’on cherche moins à trouver sa place, à se plier aux injonctions de notre culture, société, ou l’on a envie de quelque chose d’autre. Entre 40, voir 30, et 60 ans, on voit son corps se transformer, sa relation de couple se déliter ou se banaliser, ses parents vieillir, ses enfants partir, sa situation professionnelle ronronner, et on ressent une urgence à s’accomplir. On vit aujourd’hui plus vieux, et à 50 ans, on a encore 30 années devant soi. Les femmes, plus proches de leurs émotions et plus conscientes de ce changement biologique dans leur corps, sont, de ce point de vue, plus aptes à conscientiser ce passage que les hommes, qui ont tendance à se jeter dans l’action. On peut échapper à la maladie, à la dépression, à la crise si l’on accepte réellement de travailler et de préparer cette deuxième moitié de vie. Plutôt que crise de milieu de vie on parlera plutôt de transition, de remises en question, de frictions, de grands questionnements, ce que Carl G Jung nomme le processus d’individuation. Ce processus est forcément spirituel par essence car l’on commence à voir se profiler la fin de la vie, ou nos actes vont avoir des conséquences sur les années qui viendront, ou l’on se demande par zoom arrière quel est le sens de tout cela..On ne va plus rechercher à l’extérieur de soi, mais dans notre fondement, notre socle, dimension qui a toujours été là, d’un ancrage intérieur pour aller vers le plus vaste, le soi dans un élargissement de perspective, c’est là que commence la mise en œuvre du chemin spirituel avec les qualités à développer. On comprend que chercher le bonheur à l’extérieur c’est comme boire de l’eau salée qui nous donne de plus en plus soif, il va falloir alors trouver l’ami, l’amour en nous-mêmes, le contentement. En répondant à cette aspiration de transcendance en nous, on ne s’enferme pas, mais on va au-delà de soi, se construire dans l’intériorité ouvre au souci de l’autre. Avoir accepté de rencontrer ses deuils et ses abandons, avoir lâché ses regrets permet de vivre davantage dans l’instant présent.

L’essence du travail du Dr Fauré, basée sur plus de 20 ans d’expérience en tant que psychiatre alliées à 15 ans d’étude et de pratique du bouddhisme, se fonde sur la conviction que chacun d’entre nous porte en lui d’insoupçonnables ressources pour se libérer de l’étau de la peine et parvenir enfin à l’apaisement.

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