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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 10:25
« Brève apologie intempestive du bonheur »
Bertrand Vergely en petit déjeuner philo le lendemain de l'article d'hier toujours par chez moi :

Nous assistons à une mort du religieux et du politique et nous ne donnons plus aucun sens à la destinée individuelle, ce qui nous empêche de nous réunir autour d’un sens.
On reproche trois choses au bonheur, son caractère illusoire car il ne dure pas, le fait qu’il soit bête et le fait qu'il soit indécent.
« Vanité tout est vanité », nous ne pouvons pas avoir la satisfaction de tous nos désirs seulement des instants, Schopenhauer : « la vie passe de la souffrance à l’ennui ». En fait la plus grande illusion de l’homme c’est le bonheur, Pascal : « les hommes cherchent à s’amuser au lieu de prendre conscience du côté dramatique de la condition humaine ». Etre heureux est perçu totalement irresponsable et être autosatisfait est une déroute de la pensée, quand à l’indécence, il y a une révolte selon Camus à se prétendre heureux devant la souffrance des innocents mais c’est là rajouter de la souffrance à la souffrance. Ce qui est La philosophie de la révolte, du désespoir est représenté par Michel Onfray : « l’homme est un accident de la nature », comme s’il y avait en fait une critique du bonheur pour trouver la quiétude de l’âme, derrière la dénonciation se trouve la quête. L’attitude du sceptique est une auto protection cela lui permet de ne plus être surpris, mais plus on est sceptique plus on recherche le bonheur secrètement. Marx et Nietzsche sont revenus sur leur scepticisme.
Le problème c’est de naviguer entre l’utopie et le désespoir, quand je ne suis pas dans l’utopie, je suis dans le désespoir, la mort m’enlève mon « moi » : je fais un gros caprice !
En fait le bonheur se trouve dans les petites choses simples, c’est la sagesse d’être modeste, comme des clins d’œil de l’existence, pour Heidegger « il est quelque chose et pas rien » et il faut qu’il y ait quelqu’un conscient de ce quelque chose. Ceux qui veulent le bonheur sont dans la gratitude, position des stoïciens et des épicuriens : Avoir un peu de plaisir sans vouloir tous les avoir. Dans la capacité de résilience pour surmonter un malheur, on utilise ce qu’on a. L’utopie c’est le réel, c’est la réalité qui permet de nous structurer, c’est quand la vie est bête qu’elle est malheureuse et nous fait gâcher des possibilités d’être heureux. Le bonheur est bête quand on se satisfait d’un certain nombre de choses.
L’être le plus malheureux est l’ado quand il est boudeur, rebelle et ne dit jamais merci !
C’est de la panmuflerie  Charles Peguy, aucune reconnaissance, ce qui fait dire à Alain que c’est facile d’être triste et la capacité de résister à la tentation de rouspéter est une vertu. Le bonheur est une attitude de résistant et de croire aux possibles « yes we can » !
Les 5 règles du bonheur : demandes toi ce que tu peux faire pour les autres – n’aggraves pas les choses, n’en rajoutes pas – gardes toi des conclusions générales, des philosophies négatives de l’existence- ne te brouilles pas avec les amis- ne te mets pas dans une situation inconfortable de mal être.
Nous avons un pouvoir d’action sur nos vies, la capacité de transformation sur notre mental.
Les fascistes sont des hommes profondément pessimistes. La psychanalyse a mis en lumière dans l’homme la dimension de culpabilité, de punition. Le doute est une perversité qui aveugle. Alors que conscient de la préciosité de la vie, je partage, c’est parce que j’en ai profité que j’en fait profiter les autres. Le sens de la vie n’est pas intellectuel mais un fait.
  Epictecte  face à son bourreau :« tu peux me tuer mais non me nuire », toute dose de mal ne peut étouffer le bien. La fonction fabulatrice de Bergson, vivre c’est croire dans la vie, notre humanité est plus forte que la méchanceté. Et pour terminer avec Alain "la fraise a le goût de la fraise et la vie le goût de la vie."

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Published by Sonam - dans regards sur soi
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commentaires

Emmanuel 03/12/2008 06:12

Il y a une phrase de Thomas d'Ansembourg qu'il me plait de répéter tant je la trouve juste comme définition du bonheur : "Etre heureux ce n'est pas forcément être joyeux, c'est être pleinement présent à ce que nous vivons"

Sonam 03/12/2008 08:40


Voilà une définition qui résume bien les derniers articles en incluant celui de TN Hanh! On n'est plus dans le "cuculand", et sorti de l'utopie à défaut du désespoir,
pour une attitude raisonnée faite d'ouverture.Bizz


swadisthana 01/12/2008 12:33

Merci Sonam pour ce très beau texte, sommes toutes très intéressant. On recherche tous le bonheur, mais parfois on se demande si on ne fait pas tout ce qui est en notre pouvoir pour le détruire. Belle et paibible journée. Namasté

Sonam 01/12/2008 13:17


Il faut vraiment un effort de volonté comme en a parlé Semkey pour sortir de notre comportement d'enfant gâté qui veut tout et...sans efforts! faut pas croire aux
miracles, le bonheur est pour le résistant! namasté!


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