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De Sarasvati, source d'inspiration, de savoir et de transformation... Pour partager mes lectures, mes rencontres, mes découvertes pour un regard sur nous mêmes!

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Pour qui se promène la nuit avec A Comte Sponville et Spinoza

Pour qui se promène la nuit, au bord d’une plage, les reflets des réverbères disposés le long de la digue dessinent sur l’eau noire autant de lignes lumineuses et tremblotantes qui convergent vers le spectateur et se déplacent avec lui. Un autre spectateur, placé à une dizaine de mètres du premier, ne voit pas les mêmes reflets. Il voit une masse noire là où le premier admire le plus scintillant argent, et inversement. Et mille personnes, placées de mètre en mètre le long de la digue, verraient mille jeux différents de reflets. Et dix mille de même, et cent mille, etc . Chacun de ces points de vue est vrai dans ce qu’il montre (il y a vraiment de la lumière en cet endroit) et faux dans ce qu’il exclut (il y en a aussi à côté, où je ne la vois pas). Chacun de ces points de vue est vrai mais partiel. Mais alors, il doit y avoir un point de vue duquel tous ces reflets s’additionnent, et d’où la mer paraitra intégralement lumineuse, mais aussi, puisqu’on peut faire le même raisonnement avec les portions sombres, intégralement noire. Ce point de vue est le seul…qui soit absolument vrai. Il est nécessaire en cela, et réel (mieux : il est la réalité même). C’est le point de vue de Dieu, celui de la totalité.  La totalité n’est personne, mais non pas rien : puisqu’elle est tout, l’objectivité absolue. Mais il est clair que personne (par subjectivité) ne peut le voir…Reste que tout effort pour penser est tentative d’être Dieu. A Comte Sponville inspiré de Spinoza

Tableau de Van Gogh

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