De "Sagesses bouddhistes" du 26/07 avec Michel Hulin professeur à la Sorbonne complété par l'explication de Vladimir Grigorieff dans "les philosophies orientales" :
Pour la philosophie indienne, L’atman, principe de vie analogue au souf
fle désigne le «soi»absolu, âme cosmique et individuelle, en opposition à l'expérience ordinaire limitée. Le «soi» nié par les bouddhistes par le caractère insubstantiel du moi, constitué par la combinaison des 5 agrégats ( forme, sensation, perception, volition et conscience) et par la compréhension de la production conditionnée ou tout s’inter-conditionne, la vraie nature de toute chose est d’être vide de réalité, mais non pas d’existence relative ou conventionnelle.
Les choses n’existent pas par elles mêmes puisqu’elles dépendent de causes et sont conditionnées, elles ne sont pas réelles «étantes» mais existantes par dépendance: shunyata ou vacuité.
Étant entendu comme vide de tout phénomène, ainsi la production conditionnée étant vide de toute substance est, elle aussi, vide et donc non produite. Puisque les choses n’ont pas de substance, étant apparemment existantes, mais non «étantes», tout est illusoire.
Nagarjurna (auteur du II ème siècle de notre ère) tient la vacuité ou voie du milieu, distante d’un éternalisme comme l’atman hindou qui substantifie le moi, et distante d’une néantisation qui éliminerait toute existence en proposant la doctrine des 2 vérités, la conventionnelle et l’ultime: «On ne trouve rien dont on puisse dire qu’il se produise, rien non plus qui aille au néant.». Nagajurna, tel Socrate a fait un travail critique des fausses opinions selon un module logique à «4 propositions» (tétralemme), la 4 ème s’offre comme une solution paradoxale, alors que le module logique d’Aristote était de 2 propositions: A et non A mais substantiels…
Cette vacuité ne peut être appréhendée positivement par le langage, qui fait partie du monde de l’illusion par ses notions dualistes, puisqu’elle est d’emblée la négation de toute positivité, l’existence en soi: c’est donc au-delà des concepts, les choses sont vides de toute réalité substantielle.
Le nirvana étant l’aperception tranquille de l’insubstantialité, la cessation de toute pensée discursive s’appropriant du sens et du «sien», en conclusion paradoxale, il ne peut être l’objet d’aucun enseignement doctrinal.