De Sarasvati, source d'inspiration, de savoir et de transformation... Pour partager mes lectures, mes rencontres, mes découvertes pour un regard sur nous mêmes!
Réponse de PLATON plus concrète sur « Qu’est ce que le bonheur ? » :Souvenez-vous de ce salarié que vous avez embauché dans vos services municipaux il y a six mois ; vous savez, celui qui sortait de dix-huit mois de galère. Cela faisait dix-huit mois qu’il se disait tous les soirs, tous les matins : « que je serais heureux si je retrouvais un travail ». Et puis, il y a six mois, vous l’avez embauché, dans un emploi à plein temps, en CDI, en plus dans une mairie, bref, le bonheur. Enfin, le bonheur… le problème, c’est que depuis que vous l’avez embauché, le travail ne lui manque plus, non, il en a, du travail. Il en a même beaucoup, à la vérité, il en a plein des bras, du boulot. Et très vite, il en a plein le dos. Parce que si le désir est manque, dès lors qu’il ne manque plus de travail, il ne désire plus travailler. Ce qu’il désire, comme tout le monde, c’est les week-ends, les vacances, la retraite ! Bref, ce que PLATON nous aide à comprendre, et qui en dit long sur la condition humaine, c’est que le travail ne peut faire le bonheur que d’un chômeur ; mais il ne fait pas son bonheur : puisqu’il est chômeur, il n’a pas de travail, le travail lui manque, et il souffre de ce manque. Et le travail ne fait pas le bonheur des
salariés, puisqu’ils ont du travail, qu’en conséquence celui-ci ne leur manque plus, ce qui les rend incapables de le désirer, ou de l’aimer. Bref, comme aurait pu dire Louis ARAGON, il n’y a pas de travail heureux. ARAGON disait cela de l’amour, mais pour la même raison : c’est que de même que le travail ne peut faire le bonheur que d’un chômeur, le mariage ne peut faire le bonheur que d’un célibataire ; mais il ne fait pas son bonheur, puisqu’il est célibataire ; il est tout seul, et il souffre de ce manque d’amour. Et le mariage ne fait pas le bonheur des époux, puisqu’ils ne se manquent plus l’un à l’autre