De Sarasvati, source d'inspiration, de savoir et de transformation... Pour partager mes lectures, mes rencontres, mes découvertes pour un regard sur nous mêmes!
Formule empruntée à Brigitte Fontaine, cachoterie, coquetterie ou tout simplement métier d’écrivain de « plonger dans la tête des gens ». Nul doute que la part d’autobiographie est largement utilisée, poussée jusqu’à la blessure qui est « la source et en même temps ce qui constitue le don ». Blessure et talent mêlés pour exploiter les différentes facettes de la personnalité d’un enfant dans « lignes de faille ». « C’est ma propre enfance dans cette position vulnérable de l’âge de 6 ans », mais aussi « L’enfant en nous est cette faculté de pouvoir s’étonner devant des évidences ». Ce livre est sur le chamboulement identitaire, sur le caractère arbitraire de l’identité vu à travers l’exil ou elle a mis en scène plusieurs enfances différentes ou plusieurs parts d’elle-même. Dans son dernier livre « infrarouge » elle met en parallèles les 2 enfers, de la problématique familiale et celui révélé dans l’art, l’histoire se déroulant à Venise sous les yeux de Dante. Et de s’insurger à travers les yeux d’une photographe dont elle s’est inspirée, pour redonner aux femmes le regard que certaines sociétés machistes leur enlèvent. Femme qui a comme une attitude christique, retrouver la fragilité des êtres, révéler les hommes dans la rencontre des corps à eux-mêmes comme un « mâle entendu », les libérer de la domination sociale attendue pour une domination de leur propre peur. Tout n’est que question de regard, après « infrarouge », « ultra-violet » qui n’est plus le regard d’une femme qui a tout vu mais celui d’une jeune fille de 13 ans qui écrit à ses carnets chéris dont les larmes coulent dans les mots et qui ne veut pas « promettre dans le mariage de s’ennuyer jusqu’à la fin de ses jours ».