De Sarasvati, source d'inspiration, de savoir et de transformation... Pour partager mes lectures, mes rencontres, mes découvertes pour un regard sur nous mêmes!
Gérard Pilet, philosophe et enseignant , école zen sôtô, revoir :
ici. L’insatisfaction découle de la soif qui est de l’ordre du manque, la polarisation sur un objet de désir censé combler ce manque. Nous ne sommes pas libres du désir par l’attachement passionné qui nous rend vite insupportable de ne pas réaliser ce désir et nous entraine à la répulsion de tout ce qui peut le contrarier, la possessivité nous entraine à la jalousie, aux conflits et à la guerre. Mais c’est faire fausse route que d’essayer d’assouvir ce désir car la possession s’émousse vite, la satisfaction est très brève et l’insatisfaction resurgit sur un nouvel objet de désir et l’on tombe alors dans un cercle vicieux du « Plus on en a plus on en veut » en multipliant et les objets de désir et l’insatisfaction. La soif c’est en fait désirer le désir, pour les sociologues le désir lui-même est plus vaste que l’objet mais c’est dans ce décalage qu’on peut essayer de comprendre la nature véritable de la soif. La refouler n’est pas la solution,
la psychanalyse nous a app
rit que la frustration aboutissait à une mauvaise santé mentale. Il faut tourner son regard vers l’intérieur, la méditation donne l’expérience très directe de notre véritable nature et c’est cette expérience qui donne une grande satisfaction. Nous sommes fondamentalement dans le manque d’être plutôt qu’avoir de cette véritable nature, c’est cette nostalgie qui nous procure cette attente. Comprendre que chaque instant est en lui-même la plénitude pour sortir de ce cycle du devenir, ce mouvement continuel dans lequel le désir nous propulse, la vraie question c’est ce manque.