De Sarasvati, source d'inspiration, de savoir et de transformation... Pour partager mes lectures, mes rencontres, mes découvertes pour un regard sur nous mêmes!
Les apparences sont trompeuses, mais comme c'est aux apparences elles-mêmes qu'on doit de savoir qu'elles nous trompent, c'est en apparence, et en apparence seulement, que les apparences nous trompent...
Car l’apparence est au cœur même de ce qui est et nous incite à aller voir de l’autre côté, elles sont trompeuses mais ce sont elles qui nous le font savoir. Elles existent mais sans exister, Platon incite à se méfier de l’apparence et nous invite à regarder au delà. Pour Spinoza, l’apparence est une illusion, une connaissance inadéquate, dans toute perception il y a une part d’imaginaire, un rapport à nos propres expériences. On ne peut aussi facilement se débarrasser de l’erreur de ce qu’on voit par les jeux de la raison, telle l'erreur de Descartes, penseur s'imaginant être sans imaginaire. Nous sommes tous spectateurs de la trahison de ce que l’on voit, tels les tableaux de Magritte. Quelle est la mesure du réel de l’apparence comme de l’apparence du réel ? L’existence des choses pose problème car nous restons dans le spectacle, qu’est ce qui me garantit la réalité de ce que je vois ? On ne peut différencier l’apparence de ce qui est. La question de l’apparence ne recouvre t’elle pas la question de l’existence ? Question que se pose l’art contemporain, comment encore faire de l’art, représenter, quel est le primat de la vérité sur l’apparence. R Roussel « locus solus », les plasticiens guerriers, ou l’œuvre devient plus un motif de réflexion, l’esthétique s’adresse là plus à l’intelligence qu’à la sensibilité.