De Sarasvati, source d'inspiration, de savoir et de transformation... Pour partager mes lectures, mes rencontres, mes découvertes pour un regard sur nous mêmes!
Ou son impact concret dans toutes nos actions par l’abbé Frédérico Procopio, zen coréen, ancien moine bé
nédictin, revoir : ici . La posture en elle-même est le retour à une expérience originelle du bouddha, dans la symbolique de redevenir une montagne innébranlable, une base large comme une pyramide pour nous enraciner sur le coussin, dans la vie, les yeux ouverts sur la réalité. Ce qui permet de ne plus seulement fonctionner avec le cerveau frontal, mental, mais aussi avec l’hypothalamus, pour qu’il n’y ait plus de différence entre la pratique et l’objectif, pour ne rien en attendre et en éliminer l’attachement. Dans un ici et maintenant avec un regard sur nous même et sur l’univers dans son ensemble à la recherche de son vrai visage au lieu de vivre toujours à l’extérieur. C’est un cheminement pour s’observer, se percevoir, s’accepter, s’atteindre pour se révéler, car dans les activités de l’extérieur même les gestes les plus généreux vont être déséquilibrés si nous nous connaissons pas d’abord. Nous arrivons ainsi à la compréhension profonde dans un changement silencieux de notre
vision, en reconnaissant l’impermanence, nous sommes le produit de milliards d’instants qui donnent l’illusion d’une continuité, à chaque instant tout est neuf dans notre propre mouvement cellulaire. Entre moi et l’univers il n’y a plus de différence, je dois m’aimer, me comprendre profondément pour pouvoir accepter l’extérieur. Quand on parle de « dukka », c’est un terme qui va plus loin que la souffrance puisque il traduit notre sentiment d’incomplétude, nous sommes habituellement dans un manque à combler. Dans le sutra de Vimalakirti, la souffrance est dite comme notre manque de liberté, les entraves de nos pensées, perceptions, émotions, la méditation ce n’est pas fuir l’existence mais au contraire s’y enraciner, c’est une voie d’expérience de soi, des phénomènes, de l’univers. Zazen est faire l’expérience de la réalité juste sans être dans les projections de nos attentes ou les souvenirs de nos pensées : « s’ assoir sur un coussin c’est rebondir comme un dragon », rien n’est ni beau ni mauvais : mais juste.