De Sarasvati, source d'inspiration, de savoir et de transformation... Pour partager mes lectures, mes rencontres, mes découvertes pour un regard sur nous mêmes!
Plusieurs témoignages de Florence Aubenas, journaliste qui s’est remise de sa captivité pour aller enquêter et faire son travail à « hauteur d’hommes ». Livre de journaliste qui s’est plus transformé en journal intime, prise par le rythme imposé. Elle s’est inscrite à un pôle emploi à Caen en Normandie « Je veux bien tout faire », surprise de se rendre compte qu’on n’avait rien à lui proposer pour ceux du « fond de la casserole » et a du attendre 2 mois pour obtenir 2hs de ménage. Masse de gens écartés par la centrifugeuse de l’emploi et qui inlassablement avec héroïsme courent les petits boulots. Autre constat tout le monde peut être touché, retraités,
jeunes, mères de famille, ceux qui ont basculé dans un autre monde dont on n’entend pas parler. Un héroïsme du quotidien car plus personne n’espère un CDI, elle a fini par parvenir à un salaire de 700 E, son plus gros mois, en cumulant jusqu’à 6 employeurs et en se levant à 4h du matin debout jusqu’à 11h le soir. On ne trouve pas de travail mais des heures à 8, 71E l’h fragmentées avec plus d’hs de trajet que d’hs de travail effectives. La précarité c’est nous tous, avec le système débrouille, on n’a pas de RDV chez les dentistes et on doit attendre de se faire arracher les dents dans les urgences. Philippe Claudel, écrivain dont une pièce se joue en ce moment avec Gérard Junot « le paquet », parle de ces gens qui se confondent avec le mobilier urbain. La solitude c’est de ne plus être vu par les autres. La déchéance étant l’indifférence dont parle Yasmina Khatra, écrivain avec « l’olympe des infortunes ». Olympe ou se décomposent les divinités, qui vivent avec leurs arrangements pour ne pas être dérangé, mais se dire que tant qu’on est en vie, rien n’est perdu, aller jusqu’ au bout de la vie, la vraie liberté étant de connaitre ses limites.