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(Suite conférence) : deux grandes familles de technique de méditation... Jean Pierre Schnetzler
La psychologie jungienne nous apporte des connaissances fort intéressantes par tout ce qu’elle a mis en évidence sur le rôle du symbolisme, rôle capital par un mode naturel et spontané, un mode premier, comme dit Mircéa Eliade, fonctionnement de notre mental. C’est le mode de fonctionnement nocturne de notre mental et notre façon de parler par images, et poétiquement, qui est, le premier langage de l’humanité. Celui-ci a l’avantage de véhiculer, en même temps, des informations intellectuelles et affectives. Il permet donc la circulation du sens et sa compréhension ; en même temps, il évoque des émotions et nous permet de faire circuler nos affections positives et négatives - ce que le langage purement intellectuel ne fait pas. Le langage abstrait, on le sait, n’a jamais fait bouger personne, ce que savent tous les orateurs politiques. L’intérêt du langage symbolique, c’est qu’il fait l’unité de l’être, dans ses dimensions intellectuelles et affectives. Et c’est la raison d’ailleurs pour laquelle les méthodes de méditation tibétaine sont particulièrement actives et efficaces parce qu’elles intéressent la totalité du fonctionnement mental et pas seulement une partie de celui-ci. D’autre part, le mode logique dans lequel fonctionne le rêve n’est pas le mode aristotélicien ordinaire.
En effet, la limitation de la logique classique est qu’elle ne s’adresse pas à tout ce qui dépasse le domaine des objets quantifiables et des idées claires et distinctes, comme disait Monsieur Descartes. Tout ce qui est au-delà ne fonctionne pas correctement avec la logique du tiers-exclu, il y a là un problème de compréhension du symbole qui est extrêmement important. Il se trouve que la logique bouddhique du tétralemne, que l’on rencontre aussi chez Platon, n’est pas la logique ordinaire aristotélicienne, puisqu’elle comporte quatre propositions dont la troisième régit le symbolisme. Elle dit qu’un objet est à la fois ce qu’il est et ce qu’il n’est pas. Dans le rêve, une chose peut être une chose et autre chose en même temps. On trouve ainsi des argumentations bouddhiques qui obéissent à la logique du tétralemne et ont fait grincer les dents d’un certain nombre de logiciens classiques. Plus maintenant d’ailleurs, parce que la logique moderne s’est assouplie et n’est plus aussi strictement corsetée que la logique d’Aristote. Nous trouvons donc là dans le canon bouddhique et dans les méthodes de méditation, comme dans le rêve, un mode de pensée qui va plus loin que la logique classique des objets quantifiables.