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Quel est celui de nos gestes dont on peut dire qu'il relève véritablement du don ? Quand agissons-nous sans escompter les dividendes de nos actes ? Le don figure l'absence de rétribution, l'absence de calcul, la gratuité...Est -ce une utopie du quotidien, un geste réellement désintéressé, qui n’aurait pas à voir avec la bonne conscience ? Car l’intérêt se loge en apparence dans les gestes les plus désintéressés, pour un don qui serait sans prix. Il est simple à faire mais difficile à penser, dans la définition même une certaine ambigüité dans la chose qu’on donne et l’acte de donner à quelqu’un car on ne peut pas dissocier les deux. Ce serait une recherche de reconnaissance selon Paul Ricoeur avec l’ex de la théâtralisation du don du sang à Hambourg ou le retour social est là largement établi, celui qui donne y trouverait son intérêt. Pour F Nietzsche, cela relèverait même d’un certain abus de pouvoir, une recherche de soumission sur celui que l’on prétend secourir. Autre définition : abandon dans une intention libérale, la qualité du don dépend donc de l’intention, est-ce renoncer à quelque chose ou donner par sur-abondance et non par manque, se pose le don de la marchandise comme valeur d’usage, valeur d’échange. Aristote « Ethique à Nicomaque » fait la différence entre le don d’amour, d’amitié et l’hospitalité, la différence entre l’agapé, amour chrétien, charité et eros, et se pose la question de la bonne mesure. Soren Kierkegaard « œuvres de l’amour » émet le commandement d’aimer son prochain comme soi même, car l’amour de l’autre repose sur un amour de soi. Pour Henri Bergson « l’évolution créatrice » en signification symbolique, pour allumer des foyers de générosité, une communauté peut se construire à partir d’un acte de charité. Marcel Mauss « essai sur le don » cela induit un système social dans une visée méta-éthique dans l’étude des tribus et de la valeur des cadeaux. P Ricoeur se concentre sur le geste qui symbolise une relation sociale, il l’établit en la signifiant. La qualité du don dépend aussi de l’aptitude à recevoir, pour Jacques Derrida, il s’avère impossible, impensable de donner dans une intention purement libérale. Cela ressemble à l'impossibilité de l'amour selon Lacan, revoir : « L’amour c’est ce que l’on n’a pas, et que l’on veut donner à qqu’un qui n’en veut pas »