De Sarasvati, source d'inspiration, de savoir et de transformation... Pour partager mes lectures, mes rencontres, mes découvertes pour un regard sur nous mêmes!
Se prend-on au jeu ou le prenons-nous au sérieux ? À quoi joue celui qui joue ? À se distraire ? À s'abstraire du monde ? Et à quoi joue t’on si on joue tout le temps ? Etrange distraction, qui occupe l'âme et le corps au point de plonger, parfois, celui qui s'y adonne dans un état second.
Etrange abstraction, qui coûte parfois sa chemise au joueur... Le jeu est-il encore un jeu quand tant d'enjeux sont en jeu ? Etrange divertissement qui culmine dans le sentiment désespérant que "tout est joué"...Il est vrai qu’il existe une multitude de mondes ludiques dont les jeux sociaux font partie, reste à délimiter la frontière entre monde réel et jeu, Montesquieu dans « les lettres persanes ». Ce sont les règles qui produisent les joueurs ou encore lorsqu’une légalité produit une liberté réglée. On peut avoir avec Leibnitz la tentation de créer une encyclopédie du jeu dans la philosophie des mondes possibles. Tout jeu peut être ainsi interprété comme une façon de vivre, il ouvre sur un monde virtuel, comme une métaphore des activités humaines. Nous prenons au sérieux des choses qui ne le méritent pas, Blaise Pascal alors que le divertissement est conscience de ce qu’il entend fuir, dans une figure tragique de tenter d’échapper à qq chose. Sartre dans « l’être et le néant » parle d’une conscience double ou de différents degrés de conscience dont l’un est celui de l’oubli de la réalité. Comme l’a montré I Bergman dans le « 7ème sceau », dans la vie tout est joué, tout est perdu, le jeu d’échecs est symbole de la vie ou il s’agit de se maintenir en vie dans le jeu : vivre dans un jeu c’est essayer d’y maintenir sa conscience.